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20 suissesmajeurs aussi exceptionnelles et de les «posséder», même un court laps de temps. Comment les préférences des clients ont-elles changé ? CK: Il y a vingt ans, le nombre de collectionneurs occasion- nels d'art suisse était plus élevé. Par conséquent, les prix pour des œuvres intéressantes mais non extraordinaires étaient meilleurs qu'aujourd'hui. Aujourd'hui, les peintures exceptionnelles atteignent d'excellents prix. Notre vente aux enchères d'art suisse de décembre dernier, en accom- plissant des prix records pour Giacometti, Zünd, Anker et Vallotton, en est un bon exemple. En revanche, les pein- tures plus modestes suscitent moins d’intérêt. Les ache- teurs plus jeunes, en particulier, se concentrent davantage sur l'art d’après-guerre, suivant le courant actuel pour l’art moderne et contemporain. Nous proposons également de l'art suisse allant de 1950 à nos jours, mais nous inté- grons les œuvres de ces artistes, tels que Max Bill et Franz Gertsch, aux ventes aux enchères Postwar & Contempo- rary, plus internationales. Mais au-delà de la tendance ac- tuelle, il s’agit surtout de l’attrait pour les œuvres d’excep- tion qui est voué à perdurer. Madame Koller, quand avez-vous décidé de rejoindre l'entreprise familiale ? Laura Koller: À vrai dire, c'était moins une décision consciente qu'une opportunité extraordinaire de me fa- miliariser avec un métier incroyablement fascinant et de le développer davantage. J'ai toujours été intéressée par l'art dès mon plus jeune âge, mais le choix de m'orienter profes- sionnellement dans cette direction n'est venu que plus tard. À 19 ans, j'ai eu l'opportunité d'accompagner mon père lors d'une visite client à Berne pour examiner la peinture «La Tricoteuse» d'Albert Anker. Ce jour-là fut un moment clé pour moi – et j’ai l’impression que c’était hier. Plus tard, un cours sur les contrefaçons a renforcé mon désir de re- joindre l'entreprise familiale. Vers la fin de mes études, l'oc- casion s'est présentée de débuter au sein du département des peintures anciennes. La période Covid a agi comme un catalyseur de la nu- mérisation. Quel rôle jouent les ventes en ligne pour vous aujourd'hui ? CK: Nous avons développé notre propre plateforme pour nos enchères en ligne avant même la crise Covid. Monsieur Koller, votre maison de vente aux enchères existe depuis plus de 65 ans, avec maintenant la troi- sième génération active dans la société. Comment le commerce de l'art suisse a-t-il évolué au fil des décen- nies ? Cyril Koller: L'art suisse a toujours fait partie de notre offre. Mon père – le grand-père de Laura – a ouvert un magasin d'antiquités en 1958, où il vendait principalement des gra- vures suisses. Les peintures ont rapidement été ajoutées. Pendant longtemps, nous avons proposé l’art suisse dans nos catalogues de peintures, aux côtés d'œuvres interna- tionales. En 2006, nous avons séparé l'art suisse de l'art in- ternational et, dès lors, nous organisons des enchères dis- tinctes pour les deux domaines. Ce choix a donné un élan considérable à nos enchères d'art suisse. C'est toujours un privilège et un plaisir de travailler avec desœuvres d’artistes –––– Le contact personnalisé fait toujours la différence et de manière décisive. Cyril Koller –––– «Les peintures exceptionnelles atteignent d'excellents prix» Laura et Cyril Koller nous invitent dans le département d’Art suisse Albert Anker. Résultat : CHF 3 millions Ferdinand Hodler. Résultat : CHF 4 millions Giovanni Giacometti. Résultat : CHF 1,1 million Nous utilisons nos enchères exclusivement en ligne «ibid» pour diffuser un grand nombre de lots dans divers do- maines. Cependant, nous pensons que la salle de vente aux enchères classique est toujours la plus adaptée aux œuvres d'art de grande valeur. Le contact personnalisé entre le commissaire-priseur, la clientèle et nos collabora- teurs au téléphone durant les ventes fait toujours la diffé- rence, et de manière décisive. J’ignore si cela sera toujours le cas dans dix ans. Il est quoiqu’il en soit possible, depuis
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